Alphabétisation populaire

Un peu d’histoire…

Dans les années 60, les travaux d’une commission concluent que le niveau de scolarisation et la situation économique de la population québécoise sont nettement inférieurs à ceux des autres provinces du Canada. Le gouvernement provincial entreprend de hausser le niveau de scolarité des adultes et crée, via le ministère de l’Éducation, la Direction Générale de l’Éducation Permanente.

Les commissions scolaires offrent les premiers services d’éducation aux adultes. Il apparaît cependant que ces services ne sont pas toujours adaptés, notamment pour les personnes qui ont connu l’échec scolaire. Ces services ne rejoignent pas la population la plus défavorisée. Des groupes communautaires voient le jour. Afin de répondre aux besoins des adultes, ils suggèrent une nouvelle approche, inspirée des expériences sud-américaines d’alphabétisation conscientisante initiées par Paolo Freire (voir plus bas « L’approche conscientisante »).

Au cours des années 70, le gouvernement fédéral met en place des programmes de formation de base de la main-d’œuvre au Canada. Il demeure cependant un écart entre les demandes d’adultes issus des milieux très défavorisés et les services offerts par les commissions scolaires. Ce contexte permet l’émergence de nouveaux groupes d’alphabétisation populaire qui proposent une méthode et des outils de travail différents.

Au début des années 80, la lutte à l’analphabétisme est devenue une priorité pour le ministère de l’Éducation. Les deux réseaux, celui de l’état à travers les commissions scolaires, et celui des groupes communautaires sont reconnus.

Il existe aujourd’hui 129 groupes d’alphabétisation populaire au Québec. 79 d’entre eux sont membres du Regroupement des Groupes Populaires en Alphabétisation du Québec (RGPAQ).

(Certaines de ces informations sont tirées de Une force en mouvement, 20 ans d’histoire et d’engagement, ouvrage collectif publié par le RGPAQ en 2003.)

L’approche conscientisante

L’alphabétisation populaire est un outil de transformation sociale qui se veut une réponse globale à la problématique de l’analphabétisme. C’est une approche de conscientisation collective qui vise à accroître son esprit critique pour pouvoir agir sur son environnement. Les personnes développent leur autonomie afin de pouvoir reprendre du pouvoir sur leur propre vie et ainsi, exercer leur citoyenneté.

Le formateur élabore du matériel d’atelier qui offre une réponse adaptée aux besoins des personnes. Il établit une relation égalitaire avec chacun dans le groupe. Il anime les ateliers en veillant à ce que tous les participants puissent donner leurs opinions et en débattre ensemble.

Les adultes prennent la parole et participent à des processus démocratiques dans les ateliers, les différents comités et dans toutes les instances de l’organisme. Ils retrouvent ainsi la confiance en soi utile à l’apprentissage et qui permet de prendre sa place dans son groupe, dans son milieu de vie, dans la société. Finalement, mieux lire et mieux écrire n’est pas une fin en soi, mais plutôt un moyen d’appropriation des outils de changement social.

 

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